Pour un hôte, la taxe de séjour est souvent la première découverte administrative après l'ouverture : quelques euros par nuit et par voyageur, mais des règles de calcul qui déroutent, des plateformes qui collectent… ou pas, et des déclarations périodiques à ne pas oublier. Bien la gérer évite des redressements et des discussions gênantes avec les clients.

Ce guide explique le principe, le calcul et les obligations pratiques, avec des exemples.

Le principe : une taxe payée par le voyageur

La taxe de séjour est instituée par les communes ou les intercommunalités qui le décident, en général dans les territoires touristiques. Son produit finance le développement touristique (office de tourisme, promotion, équipements).

ActeurRôle
VoyageurPaie la taxe, en plus du prix de la nuitée
Hébergeur (vous)Collecte la taxe et la reverse, sauf si une plateforme s'en charge
Plateforme intermédiaire de paiementCollecte et reverse dans certains cas (voir plus loin)
Commune ou intercommunalitéFixe les tarifs et perçoit la taxe

La taxe n'est donc pas un impôt sur vos revenus : vous êtes un intermédiaire. Elle doit être affichée dans votre logement et figurer distinctement sur la facture ou la note remise au client.

Deux modes : au réel ou au forfait

La collectivité choisit entre deux régimes :

  • la taxe au réel, de loin la plus courante : elle est calculée sur chaque nuitée effectivement occupée, par personne ;
  • la taxe au forfait : l'hébergeur paie un montant fixé à l'avance selon la capacité d'accueil et la période d'ouverture, quel que soit le taux d'occupation.

La suite de ce guide porte sur la taxe au réel.

Le calcul selon le type d'hébergement

Hébergements classés et chambres d'hôtes : un tarif fixe

Pour un meublé de tourisme classé (de 1 à 5 étoiles) ou une chambre d'hôtes, la taxe correspond à un tarif fixe par personne et par nuit, voté par la collectivité dans une fourchette fixée par la loi pour chaque catégorie.

Exemple : un meublé classé 3 étoiles, tarif communal de 1,50 € par personne et par nuit, taxe départementale de 10 % incluse ou non selon la présentation de la délibération. Pour 2 adultes et 4 nuits : 1,50 € × 2 × 4 = 12 €, plus la part départementale si elle n'est pas incluse.

Meublés non classés : un pourcentage du prix

Pour un meublé de tourisme non classé, la taxe est proportionnelle au prix :

  1. on calcule le prix de la nuitée par personne (prix HT de la nuitée divisé par le nombre d'occupants, mineurs compris) ;
  2. on applique le taux voté par la collectivité, compris entre 1 % et 5 % ;
  3. le résultat est plafonné au tarif le plus élevé voté par la commune (souvent celui des palaces ou des 5 étoiles) ;
  4. on multiplie par le nombre de personnes assujetties (les mineurs sont exonérés) et de nuits ;
  5. on ajoute la taxe additionnelle départementale (10 %) si le département l'a instituée.

Exemple : un appartement non classé loué 120 € la nuit pour 4 personnes (2 adultes, 2 enfants), dans une commune au taux de 5 %.

ÉtapeCalculRésultat
Prix par personne et par nuit120 € ÷ 4 occupants30 €
Taxe par personne et par nuit30 € × 5 %1,50 €
Personnes assujetties2 adultes (enfants exonérés)2
Taxe communale pour 3 nuits1,50 € × 2 × 39,00 €
Taxe départementale (10 %)9,00 € × 10 %0,90 €
Total9,90 €

Ces chiffres sont des exemples. Les taux, les plafonds et la présence de taxes additionnelles dépendent de votre commune : consultez la délibération en vigueur, souvent disponible sur le site de la mairie ou de l'office de tourisme.

Les exonérations

Sont notamment exonérés de la taxe de séjour au réel :

  • les mineurs ;
  • les titulaires d'un contrat de travail saisonnier employés dans la commune ;
  • les personnes bénéficiant d'un hébergement d'urgence ou d'un relogement temporaire ;
  • les personnes occupant des locaux dont le loyer est inférieur à un montant fixé par la commune, lorsque celle-ci l'a prévu.

Le rôle des plateformes

Depuis 2019, les plateformes de réservation qui sont intermédiaires de paiement (elles encaissent le prix pour le compte du loueur) ont l'obligation de collecter la taxe de séjour pour les loueurs non professionnels, notamment pour les meublés non classés, et de la reverser à la collectivité, au plus tard le 30 juin et le 31 décembre.

En pratique :

  • réservations via une grande plateforme : vérifiez dans votre espace hôte si la taxe est collectée automatiquement pour votre commune, et à quel taux ;
  • réservations en direct (téléphone, site personnel, habitués) : c'est à vous de collecter la taxe et de la déclarer, et de la mentionner dans le contrat de location ;
  • logement classé : précisez votre classement sur la plateforme pour que le bon tarif soit appliqué.

Déclarer et reverser la taxe

La plupart des grandes villes, dont Marseille, ont mis en place une plateforme en ligne de déclaration de la taxe de séjour. Vous y créez un compte, déclarez vos nuitées (mensuellement ou selon la périodicité fixée), puis payez la taxe collectée en direct.

Pour vous organiser :

  1. tenez un registre de chaque séjour : dates, nombre de personnes, âges, prix, canal de réservation ;
  2. notez séparément ce qui est collecté par la plateforme et ce qui l'est en direct ;
  3. respectez le calendrier de déclaration de votre commune.

Notre e-book Les obligations de l'hôte contient un modèle de registre des nuitées et un calendrier des échéances.

Les sanctions

Un défaut de déclaration, une déclaration inexacte ou un retard de reversement peuvent entraîner une taxation d'office et des amendes. Les collectivités ont accès aux données transmises par les plateformes et effectuent des contrôles croisés.

Questions fréquentes

Qui paie la taxe de séjour, l'hôte ou le voyageur ?

Le voyageur. L'hôte la collecte et la reverse, ou la plateforme s'en charge. Elle doit être affichée et apparaître distinctement sur la note.

Faut-il inclure la taxe de séjour dans le prix affiché ?

Elle peut être présentée à part, mais le voyageur doit en être informé avant la réservation. Les plateformes l'ajoutent généralement au récapitulatif de paiement.

La taxe de séjour entre-t-elle dans mes revenus imposables ?

Non. Vous la collectez pour le compte de la collectivité : elle ne constitue pas une recette de votre activité, à condition d'être reversée.

Comment connaître le tarif de ma commune ?

Consultez la délibération de la commune ou de l'intercommunalité, souvent publiée sur son site, sur celui de l'office de tourisme ou sur sa plateforme de déclaration en ligne.

En résumé

La taxe de séjour est payée par le voyageur, collectée par l'hôte ou la plateforme et reversée à la commune. Son calcul dépend du classement du logement : tarif fixe pour les logements classés et les chambres d'hôtes, pourcentage du prix pour les non classés. Tenez un registre des séjours et vérifiez ce que collectent les plateformes. Pour l'ensemble des obligations à Marseille, lisez aussi Louer en courte durée à Marseille.

Sources et références

  • Ministère de l'Économie — Location meublée de tourisme : les règles à respecter — www.economie.gouv.fr
  • Ville de Versailles — Guide pratique de la taxe de séjour 2026 (exemple de guide communal, PDF) — www.versailles.fr
  • Assemblée nationale — Question écrite n° 13144 sur la taxe de séjour — questions.assemblee-nationale.fr
  • Ville de Marseille — site officiel — www.marseille.fr
  • Service-Public.fr — taxe de séjour — www.service-public.fr